Ils se sont mariés à vingt huit ans, mais ils n'ont pas encore d'enfants. Monsieur Frédéric est cadre de banque, et madame Frédéric travaille comme adjointe du directeur des ventes d'une société de manufacture d'appareils électroménagers légers. Le jeune couple gagne donc un revenu supérieur à la moyenne, et mène une vie plutôt aisée. Le besoin de confort, le désir de devenir propriétaire, vivre sa vie comment on l'a rêvé, tout ça n'a pas d'échéance, ni un moment de commencement défini. On a le droit de vouloir améliorer son confort au moment que l'on décide, tôt ou plus tard. Les jeunes époux Frédéric décident de devenir propriétaires immobiliers un an après le mariage. Ils ont acheté une maison neuve moyenne par le biais d'un crédit immobilier et de l'investissement locatif, ce qui signifie qu'ils doivent mettre en location leur maison pendant un certain temps. Les loyers perçus serviront à rembourser en grande partie le prêt immobilier. Le couple vit dans un appartement, dans le treizième à Paris, et leur maison est située, elle, à dix kilomètre à l'est de la même ville. Ils trouvent très facilement des locataires, d'autant plus que c'est un quartier de bon voisinage. Le jeune couple ne peut donc disposer de son bien immobilier que dans plusieurs années. Le voyage peut être qualifié de « luxe ». Toutefois, c'est aussi devenu un produit de « grande consommation » comme tous les autres. Le tourisme n'est pas un vain mot. Celui-ci donne du travail à de nombreuses personnes, et offre les loisirs de la découverte à ses adeptes. Monsieur et madame Frédéric font partie de ces derniers. Ils aiment le voyage. A force de regarder des documentaires, de lire des livres, ils se disent qu'un jour, ils partiront eux aussi à la découverte de tous ces beaux pays, et sans attendre de vieillir ! Six mois après leur acquisition immobilière, ils décident de faire leur premier voyage, qui les emmènera en Thaïlande et en Inde. Ils financent ce premier voyage avec un crédit affecté pris auprès de la banque où travaille monsieur Frédéric lui-même. Le couple revient de ce voyage bien ressourcé, plein de souvenirs et de découverte. Ce voyage ne sera en tout cas pas le dernier pour le couple, si Dieu le veut bien. Monsieur Frédéric, en tant que cadre de banque, connaît parfaitement tous les mécanismes des différents « crédits à la consommation » mis à la disposition des citoyens consommateurs. Vers la fin de l'année deux mille six, le couple répond à l'un de leurs besoins matériels les plus importants : posséder une voiture, qui a une grande polyvalence dans la vie du propriétaire. Nombreux sont les jeunes ménages ou les jeunes citoyens commençant leur vie professionnelle qui ne peuvent résister à l'attirance de la voiture qui, reconnaissons-le quand même, offre à son acquéreur de nombreux avantages notamment la facilitation de ses déplacements. La voiture est par ailleurs devenue un produit de consommation comme les autres, elle est aussi proposée à crédit, sous la forme de la « location avec option d'achat » (LOA) ou « leasing », très fréquemment utilisée par de nombreux concessionnaires. Avant d'acquérir le modèle de leur choix, monsieur et madame Frédéric ont dû payer un « premier loyer » de huit cent cinquante euro, qui sera suivi de cinquante neuf autres mensualités de loyer, plus petites et réparties sur plus de quatre ans. Le couple a désormais plus de liberté de mouvement, de déplacement. Moins de contraintes de transport. Peut-être moins de temps perdu. Six mois auparavant, les propriétaires de l'appartement dans lequel habitent monsieur et madame Frédéric ont voulu « disposer » de leur bien. Ils ont donné à ceux-ci trois mois de préavis, rien que ça. Leur décision est irrévocable. Le jeune couple est bousculé par cet imprévu si déplaisant et déplaçant ! Ne voulant point toucher à leurs économies, les jeunes époux vont une fois de plus recourir au crédit pour financer leur déménagement, et chercher un nouvel appartement. Il s'agit d'un « crédit revolving » ou crédit renouvelable qui met à la disposition de l'emprunteur une somme d'argent qu'il peut utiliser à sa guise, sans justificatif de dépense. Ainsi, le couple a pu emménager dans un autre appartement deux semaines avant l'échéance du préavis. Quand ils se sont bien installés, ils ont décidé de faire un rachat de crédit parce qu'ils sentent un alourdissement de leur budget mensuel à cause de leurs crédits. Ils effectuent les démarches nécessaires et obtiennent un accord favorable de la part des responsables d'un organisme spécialisé. Celui-ci leur octroie ainsi un nouveau crédit sous forme de « rachat » de leurs crédits à charge (crédit affecté, crédit voiture, crédit revolving) sans y inclure toutefois le crédit immobilier. La mensualité de remboursement de ce crédit unique est réduite de soixante cinq pourcent pour un maximum d'allègement, mais monsieur et madame Frédéric devront la payer pendant sept ans. Ils reçoivent également une trésorerie de dix mille euro, qu'ils versent aussitôt dans leurs économies. Le jeune couple va pouvoir augmenter celles-ci car ils disposent de plus d'argent à chaque fin du mois, grâce toujours au rachat de crédit.
