L'interprétation, une activité complexe

Dans sa tâche, il doit être souple, avoir une capacité d'analyse rapide, garder son sang-froid et maîtriser parfaitement les différentes langues concernées. Les connaissances linguistiques sont nécessaires mais insuffisantes. Dans les discours, la majeure partie du message est formulée de manière implicite, il incombe alors à l'interprète de le décoder en faisant appel à une solide culture générale. Ce dernier doit aussi être capable de saisir la véritable intention de l'orateur. Cela nécessite une très bonne connaissance des langues, des différentes cultures en présence et de leurs différences, surtout lorsqu'on travaille dans un environnement multilingue. Lors d'une réunion où plusieurs langues sont parlées, les interprètes doivent faire en sorte que toutes les personnes présentes puissent se comprendre.

Les différents modes d'interprétation

Il existe l'interprétation consécutive où l'interprète doit reproduire le discours dans son intégralité après que l'intervention soit terminée. Pour cela, il doit se servir de notes simples, parfois de symboles de type pictogramme qui peuvent être détachés d'un système linguistique. Vu les contraintes de temps, cette technique est rarement utilisée quand plus de deux langues sont parlées. Le second mode est l'interprétation simultanée où l'interprète est installé dans une cabine dotée de matériels et doit suivre le discours en essayant de le traduire simultanément tout au long de l'intervention. Etant donné qu'il est assez difficile de traduire certaines combinaisons linguistiques, il y a donc souvent un décalage entre la phrase originale et celle qui est traduite. Le chuchotement est le troisième mode d'interprétation, celui-ci étant une variante de l'interprétation simultanée. L'interprète doit suivre les interventions en salle et les traduire en chuchotant à l'oreille du délégué. Le dernier mode d'interprétation est celui dit "de liaison" qui se déroule dans un cadre formel comme lors d'une réunion de travail. Dans ce cas, l'interprète ne prend pas souvent de notes mais mémorise de courts passages et ensuite les traduit. A part ces 4 modes, l'interprétation en langues des signes existe aussi pour communiquer aux sourds et malentendants.

Traduction écrite et interprétation orale

Ces deux activités présentent des points communs et des divergences. La traduction écrite et l'interprétation orale exigent une compréhension de la langue mais aussi de sa signification sous-jacente. Dans les deux cas, le traducteur ou l'interprète ne doit pas limiter le texte, écrit ou oral, dans son sens littéral, mais il doit également respecter à la lettre son sens caché. La traduction et l'interprétation se différencient de par leur méthode. Pour une traduction, on exige du traducteur un transfert des idées exprimées par écrit d'une langue vers une autre. La différence entre le métier de traducteur et celui d'interprète est que ce dernier se focalise sur des messages fugitifs qu'il va ensuite restituer quasi-instantanément. Les interprètes n'ont pas suffisamment de temps pour réfléchir et rechercher des styles et c'est un travail plus difficile que celui des traducteurs. C'est une profession exigeant des qualités pluridisciplinaires comme des connaissances approfondies en linguistique, en psychologie, en culture générale, etc.... Le métier d'interprète nécessite une formation dans des grandes écoles. Les études peuvent durer pendant plusieurs années, de 3 à 5 ans, mais après la formation, les débouchés sont nombreux.


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